Les chars spéciaux

L’expérience dramatique de Dieppe, en août 1942, avait démontré la nécessité d’apporter un appui d’artillerie aux premières vagues d’assaut de l’infanterie. Les multiples obstacles dressés par Rommel sur les plages ou dans l’arrière-pays ne firent que renforcer l’idée de mettre au point des engins blindés susceptibles de les annihiler, tout en gardant leurs capacités de combat.

Il revint au général Percy Hobart, placé à la tête de la 79e division blindée, de concrétiser ce projet. De son imagination fertile et de celle de ses collaborateurs, allait naître une étonnante galerie d’engins aux silhouettes étranges, bientôt surnommés, par dérision, les « clowns » ou les « funnies ». En fait, il s’agissait de chars (en général des Sherman ou des Churchill) transformés et adaptés en fonction des tâches particulières qui les attendaient. Parmi eux, les « crabes » équipés d’un fléau pour faire sauter les mines, les « crocodiles » munis d’un puissant lance-flammes, les « bobines », les « porte-fascines »… sans oublier les plus connus de tous, les chars amphibies « DD ».