Victimes civiles

Les Normands ont payé un prix très lourd pour la Libération. On déplora au total 20 000 morts parmi la population civile (dont 14 000 pour la seule Basse-Normandie), soit plus qu’il n’y eut de soldats britanniques ou canadiens (16 000 morts) tués pendant la bataille et autant que les pertes américaines (21 000 morts).

En majorité, ces victimes furent tuées lors de bombardements aériens alliés qui avaient pour but de briser les nœuds de communication et ralentir l’arrivée des renforts allemands. Les raids les plus meurtriers eurent lieu le 6 juin au soir et dans la nuit du 6 au 7, provoquant la destruction de villes telles que Lisieux, Pont-l’Evêque, Caen, Argentan, Flers, Condé-sur-Noireau, Vire, Saint-Lô, Coutances et la mort de plus de 3 000 personnes. Les tracts lancés dans la journée pour inciter les habitants à fuir n’eurent que peu d’effet. Dans les jours suivants, des bombes ravagèrent à leur tour L’Aigle, Avranches, Valognes, Vimoutiers, Falaise, Alençon…

Les bombardements aériens décrurent par la suite, mais frappèrent encore brutalement des bourgs ou des villages comme Aunay-sur-Odon ou Evrecy.

Les tirs d’artillerie forment la seconde cause de décès au sein des populations civiles prises au beau milieu de la bataille. Viennent ensuite les mitraillages sur les routes de l’exode empruntées par des milliers de gens chassés vers le sud par les combats.

Par ailleurs, il convient de ne pas oublier les Normands exécutés sommairement par les Allemands pour actes de résistance ou pour avoir simplement refusé d’obéir aux ordres donnés (650 pour la Basse-Normandie). Parmi eux, les 75 à 80 patriotes internés à la maison d’arrêt de Caen et massacrés par les Nazis le jour même du Débarquement.

Enfin, d’assez nombreuses personnes – des cultivateurs, des marins et souvent des enfants – furent victimes de mines ou d’engins explosifs bien des mois encore après la Libération.

Nombre de civils tués par département :
Calvados 8 100
Manche 3 700
Orne 2 100
Eure 900
Seine-Maritime 4 850